Le jour de l'enterrement, Julia est accostée par une amie intime de Kellen Zant - Mrs Mary Malard -, journaliste, qui lui tient un discours incohérent concernant des éléments d'un soi-disant surplus. Rien qui ne tienne réellement la route et puisse faire démarrer l'enquête sur son assassinat. Julia apprend ensuite qu'un cambriolage a eu lieu chez l'oncle de Kellen. Tout ce qui concernait le dossier sur lequel celui-ci travaillait a été volé. Rien d'important selon cet oncle. Sauf que des événements curieux surviennent depuis le meurtre et cette curieuse rencontre au cimetière. Un avocat véreux - Tony Tice - a cherché à contacter Julia Carlyle. Il s'est intéressé de très près à son travail de vice-présidente de l'école de théologie, aux recherches de sa fille Vanessa, à ses relations avec Kellen Zant. Il a même voulu pénétrer dans son bureau. Sans succès. La curiosité a ses limites.
Julia apprendra petit à petit que Kellen Zant était sur la piste d'une affaire
Il devient rapidement évident que pour la bonne image de cette célèbre université privée, et prisée par l'ensemble de la bonne société américaine, l'enquête sur le meurtre de Kellen Zant doit être menée discrètement, tout en ménageant les susceptibilités sociales et raciales. L'important est d'éviter tout scandale pouvant salir des personnes hauts placées, politiquement et économiquement influentes. Certaines d'entre elles interviendront pour mettre un point final aux investigations de la police. C'est sans compter sur la pugnacité de Julia Carlyle et de Bruce Vallely, le responsable de la sécurité du campus. Et si cet assassinat - presque banal - masquait quelque chose de bien plus profond, de bien plus enfoui. Et si cela cachait tout simplement la vérité sur l'affaire Gina Joule.
Stephen Carter est un auteur brillant et un brin poil à gratter dans le milieu afro-américain. Après plusieurs essais socio-politiques dérangeant, l'auteur se consacre à l'écriture de romans tout aussi décapants. Avec "La dame noire", Stephen Carter a décidé de s'installer dans la classe sociale aisée noire américaine. C'est l'occasion pour lui de poser un certain regard sur cette partie de la société américaine, et sur l'influence de celle-ci. Ici, pas de ghetto noir, miséreux et misérable, violent, où règne l'exclusion, le désespoir, où sue la haine de l'autre, où domine les bandes armées et les trafiquants en tous genres. Rien de tout cela. Au contraire. Un monde feutré, libéral, conformiste et tout aussi fermé. Car, ne nous méprenons surtout pas là-dessus. Dans la upper class africaine-américaine, on trouve aussi des castes, des clans dans lesquels il est très difficile - voire impossible - de se faire accepter. A travers les Carlyle, cette famille parfaitement intégrée dans la société, Stephen Carter nous ouvre les portes d'une micro-société où les personnes bien nées se fréquentent entre elles, vivent dans le même quartier, vont dans les mêmes universités, les mêmes magasins, son invités aux mêmes soirée. Julia et Lemaster Carlyle appartiennent, tous les deux, à des clubs très fermés. Cependant, mêmes bourgeois, cultivés, aisés, les Carlyles restent aux yeux de leurs semblables blancs, des noirs. De fait, certains lieux de Tyler's Landing leur sont interdits. Dans "La dame noire", ce sont deux milieux influents - noirs et blancs - qui s'opposent et s'affrontent parfois, qui ne se connaissent pas ou mal et vivent en parallèle. On a l'impression d'évoluer entre deux mondes qui ne se côtoient que par intérêt personnel réciproque.
Le sujet est traité comme un puzzle. Les
Un grand merci au Blog-o-Book et aux éditions Robert Laffont qui m'ont proposé cette excellente lecture. D'autres avis sur Blog-o-Book.