11 février 2009

LE DEBUT DE LA FIN

  • Sir Arthur Benton - Wannsee 1942 (T 2) - Tarek & Stéphane Perger (Emmanuel Proust Éditions)



Après avoir exploré le 1er tome de "Sir Arthur Benton" qui, avec "L'opération Marmara", évoque les origines de la participation de Benton dans la marche au pouvoir des nationaux-socialistes en Allemagne, le 2ème tome s'ouvre sur des images de désolation en noir et blanc des actualités Pathé Gaumont. On y voit Dunkerque et les britanniques pris au piège ; Churchill mécontent ; Hitler posant - triomphant et arrogant - devant la Tour Eiffel, puis serrant la main au maréchal Pétain ; De Gaulle saluant les premières troupes de la France Libre ; le défilé allemand sur les Champs Elysées ; la France coupée en deux pour longtemps. Tout ce qui a fait le quotidien d'une occupation française subie.

Retour à la couleur et poursuite de l'interrogatoire du traitre Benton par Marchand. Au cours de celui-ci, Benton avoue avoir été présent à Wannsee en janvier 1942, lorsque la politique de la solution finale a été prise par les principaux responsables du Reich. Saisi d'effroi en apprenant la décision d'organiser l'extermination massive des Juifs des territoires occupés, Benton comprend très vite que la guerre à l'Est contre Staline et le communisme n'est plus -
et n'a jamais réellement été - la priorité du régime. Du fait de son soutien actif à la politique nationale-socialiste, Benton ne peut compter que sur lui. Aucun retour en arrière n'est possible. Si les alliés le prennent, il ne s'en sortira pas. Pour tenter de réamorcer la guerre contre les communistes qu'il déteste, Benton se rapprochera de certains dignitaires nazis tout aussi anti-communistes que lui, dont l'amiral Canaris, chef de l'Abwehr - les services secrets allemands -, qui n'accepte pas cette politique antisémite et ne la cautionne pas.


Avec ce 2ème tome de "Sir Arthur Benton", on se trouve au cœur de la 2ème Guerre Mondiale avec la politique d'extermination massive des Untermenschen - juifs, tziganes, handicapés mentaux -, l'arrestation de tous les opposants et particulièrement la lutte contre les communistes, les complots ourdis contre Hitler, mais aussi - et c'est plus rare - les tentatives de négociations de quelques dignitaires nazis avec les anglais et les américains pour une paix séparée. Surtout, dans ce 2ème tome, on perçoit un Benton aux prises avec sa morale face aux horreurs érigées en politique d'État. Quelque part, il devient collaborateur zélé dans sa chasse inlassable aux communistes en Pologne, mais aussi un opposant au pouvoir qu'il a aidé à mettre en place en cautionnant - passivement - l'attentat de Rastenburg le 20 juillet 1944 contre Hitler.

Comme dans le précédent tome, les dessins sont superbes, jouant encore et toujours avec les ombres et les lumières. Contrairement au 1er tome, on trouve des
dessins plus opaques, en noir et blanc, lorsque sont évoqués la conférence de Wannsee, les déportations, les ghettos de Varsovie ou de Lodz. Toujours en fin d'album, un dossier concis et complet sur les événements abordés dans ce tome de "Sir Arthur Benton". Par rapport au 1er tome, on rencontre plus de personnalités ayant réellement existé et ayant participé - de près ou de loin - aux épisodes référencés, mêlant la grande Histoire à la petite. Une fois de plus, ce 2ème tome est d'une grande qualité, sobre, sans pathos ni exagération de la part des auteurs. Les personnages n'en font jamais trop, ni trop peu. Surtout, ce 2ème tome a le mérite de revenir sur un épisode très peu connu du grand public - la conférence de Wannsee - et à l'origine de la pire œuvre fabriquée par l'homme : la machine concentrationnaire et l'industrialisation de la mort.

Prix reçus par la série "Sir Arthur Benton" :

Meilleur album à Moulons en 2005,
Meilleur scénario à Décines en 2005.

9 février 2009

YERUSHALAYIM


"Chaque matin, je voyais le jour arriver du désert et réveiller les couleurs de Jérusalem, l'ocre des murailles, la blancheur des terrasses, l'or du Temple, le vert sombre des cyprès, les façades des maisons teintées par les hommes, déteintes par les étés. J'avais quelques instants, l'illusion de dominer la ville qui s'offrait à moi, telle une maquette d'architecte mais, très vite, elle devenait trop brillante, trop colorée, elle se dressait plus haut, au-dessus de tous, comme une prophétie éblouissante, ou une putain somptueuse. Alors qu'aucun bruit ne s'élevait encore des places ou des rues, déjà, sur les chemins qui serpentaient vers les remparts, arrivaient les chevaliers de Damas, les femmes portant sur leurs têtes des paniers de raisins, au bras des roses de Jéricho qu'elles allaient vendre, sous les térébinthes, aux portes de la ville. Tout convergeait déjà vers Jérusalem. Jérusalem était le centre. Jérusalem absorbait tout".

Extrait - "L'Évangile selon Pilate" - Éric-Emmanuel Schmitt

6 février 2009

COMMENT TOUT A COMMENCE

  • Sir Arthur Benton - Opération Marmara (T1) - Tarek & Stéphane Perger (Emmanuel Proust Éditions)


10 mai 1945. La guerre est terminée. L'armée allemande vient de signer l'armistice face aux quatre alliés. Elle a perdu la guerre, sa guerre. Dans l'ombre, en commence une autre, tout aussi violente, sinon plus. Celle des services secrets. L'objectif de chaque partie : récupérer d'éminents scientifiques allemands ayant collaboré avec les nazis avant les autres. Le monde est en train de se scinder en deux : à l'Est, le communisme ; à l'Ouest, la démocratie. Entre ces deux univers, deux hommes. Sir Arthur Benton, citoyen britannique, qui a délibérément choisi le camp allemand et l'idéologie nazie par haine du communisme et Armand de la Taille, comte de Foix - alias Émile Marchand - membre du 2ème Bureau français. Ils se connaissent, se respectent et vont se combattre, jusqu'au bout.

En ce jour de mai 1945, à Berlin, l'un a perdu la guerre et tente de sauver sa tête, l'autre essaie de rassembler les débris épars pour les alliés. Ils se retrouvent une
nouvelle fois face à face, pour raconter comment tout a commencé.

En 1929, alors que la krack de Wall Street a entrainé le monde moderne dans la plus grande économique du 20ème Siècle, Sir Arthur Benton est approché par un amiral britannique, proche des nazis, pour une mission secrète à Zurich. L'objectif est de récolter des fonds pour financer la campagne électorale du NSDAP et accéder ainsi au pouvoir en toute légalité, par les urnes. Les services secrets allemands, anglais et français vont débuter leur guerre larvée à Istanbul, en Turquie.

Istanbul, où Benton installera son comptoir de marchand d'œuvres d'art, façade pour faire transiter fonds et armes au profit des nazis. S'ensuit une course contre la montre pour tenter d'arrêter le cours de l'Histoire. En plus de sa contribution à la propagande nationale-socialiste, Benton soutiendra les velléités d'Ahmed Chalabi, nationaliste syrien qui se bat pour libérer son pays, sous mandat français. Benton a besoin de lui à Istanbul ; Chalabi se sert de Benton pour arriver à ses fins dans son pays. Le colonel de la Taille est chargé d'éliminer Benton, traitre à sa patrie. Pour cela, il s'adjoindra les services d'un membre du KPD - le parti communiste allemand - infiltré chez les nazis.

En 48 pages, ce premier tome de la trilogie "Sir Arthur Benton" nous brosse un tableau saisissant d'un épisode les moins connus de l'histoire de la 2ème Guerre Mondiale et un des plus sombres, celui de la guerre psychologique par les services secrets. "L'opération Marmara" débute avec la fin du 2ème conflit mondial, pour nous replonger rapidement dans ses tragiques origines.

Avec les deux personnages centraux de cette bande dessinée on entre dans les arcanes du pouvoir, lorsque le gouvernement d'André Tardieu essayait vainement de stopper l'arrivée au pouvoir des nationaux-socialistes. On assiste à la lutte fratricide turque entre les partisans du Califat et ceux d'Atatürk. La montée du nationalisme en Allemagne est, bien évidemment, évoquée ainsi que le mouvement spartakiste soutenu par l'URSS dès 1918 et leur amorce de révolution au lendemain de la 1ère Guerre Mondiale pour imposer le communisme dans le pays.

A la fin du 1er tome, on trouve un dossier sur l'histoire politique de l'Allemagne, de
la république de Weimar à l'avènement du NSDAP, comprenant les dates des événements qui ont jalonné cette douloureuse période. Un trombinoscope de tous les personnages présents dans ce premier épisode est accompagné d'une biographie succincte, pour en cerner les caractéristiques essentielles. Enfin, une bibliographie et une liste de documentaires à visionner est établie par les auteurs pour ceux qui souhaiteraient poursuivre leur connaissance du sujet.

Voici un 1er tome très complet au sujet maîtrisé, mêlant les personnes ayant réellement existé à d'autres,
fictives. Les dessins sont des aquarelles aux couleurs édulcorées, dans des tons neutres du marron au beige, du bleu au gris, jouant subtilement sur les ombres et les lumières, accentuant les traits de chaque dessin, les rendant impressionnants, presque réalistes. "Sir Arthur Benton" est une trilogie de grande qualité, tant par les dessins très élaborés que par les dialogues ou l'histoire en elle-même. On prend un réel plaisir à lire cette superbe bande dessinée et à suivre les aventures des deux héros pris entre leur morale et la situation du moment. Elle se lit très bien, que l'on connaisse le sujet ou que l'on soit profane en la matière. C'est l'occasion pour tous ceux - jeunes et adultes - qui s'intéressent à l'histoire de lire un excellent ouvrage tout à la fois ludique et instruit, sans avoir la pesanteur des dates et des événements.

En attendant les tomes 2 et 3, sur le site "Bruit de Bulles", une interview de Tarek et de Stéphane Perger, les auteurs de cette trilogie.

2 février 2009

GUERNESEY, LA LITTERATURE ET L'OCCUPATION

  • Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates - Mary Ann Shaffer & Annie Barrows (France Loisirs Éditions)


Alors que Juliet Ashton se morfond de ne pouvoir trouver un nouveau sujet pour son prochain livre, Sidney Stark - son éditeur et mentor -, la rassure en lui promettant une tournée à succès dans les librairies des comtés de l'Angleterre à l'Écosse pour son précédent ouvrage, "Izzy Bickerstaff s'en va-t-en guerre". Nous sommes à Londres, en 1946, et tout le monde tente, tant bien que mal, d'oublier les restrictions dues à la guerre encore proche.

Alors que Juliet pleure sur son sort, elle reçoit une drôle de lettre de l'île de Guernesey. Un certain Dawsey Adams dit détenir un livre de Charles Lamb lui ayant appartenu. Fasciné par cet auteur, Dawsey Adams souhaiterait en poursuivre la lecture. En effet, un mystérieux cercle littéraire et de tourte aux épluchures de patates a vu le jour grâce à un passage plein d'humour concernant un cochon rôti. "Si vous avez le temps de correspondre avec moi, pourriez-vous répondre à quelques questions ? Trois en fait. Pourquoi avoir dû tenir secret un dîner de cochon rôti ? Comment un cochon a-t-il pu vous inciter à créer un cercle littéraire ? Et surtout, qu'est-ce qu'une tourte aux épluchures de patates et pourquoi est-elle mentionnée dans le nom de votre cercle ?".

Ayant ainsi capté la curiosité de Juliet, toujours en quête de sujets originaux, une correspondance assidue naîtra entre celle-ci, Dawsey Adams et des habitants de
Guernesey. Elle apprendra que ce cercle est né inconsciemment dans l'esprit résistant de quelques habitants isolés de l'île anglo-normande. La présence allemande ayant rendu le cochon rare, voire évanescent et - dans le même temps -, les patates foisonnantes dans les champs, les personnes de Saint Peter Port avaient tout de même réussi à tromper la vigilance de l'occupant et à faire un repas de fête autour d'un rôti de porc chez Mrs Maugery.

De plus en plus intriguée par ce groupe de lecteurs clandestins en pleine occupation
allemande, Juliet priera Dawsey de lui donner d'autres explications, plus précises, afin de rassasier sa soif de comprendre et saisir le lien entre un salon littéraire et une passion pour la tourte aux épluchures de pommes de terre. Pour preuve de sa bonne foi, elle n'hésitera pas à se recommander auprès de deux personnages, Lady Bella Taunton - ancienne guetteuse d'incendies sur les toits londoniens -, qui ne l'épargnera pas, et le révérend Simon Simpless.

Juliet Ashton apprendra que tout a commencé suite à un dépassement d'heure de couvre feu. Pour sauver la situation, l'esprit limpide d'Élizabeth McEnna créera un cercle de littérature pour éviter une catastrophe. Mais les bonnes idées sont,
parfois, semées d'embuches. "Et c'est ainsi que tout a commencé. Si je connaissais tous les membres de notre groupe, je ne les connaissais pas tous intimement. Dawsey était mon voisin depuis plus de trente ans, mais je ne crois pas que je lui avais jamais parlé d'autre chose que du temps et de sa femme. Isola et Eben étaient des amis proches, Will Thisbee une simple connaissance et John Booker un quasi étranger, puisqu'il était arrivé sur l'île à la même époque que les Allemands. Élizabeth était notre point commun à tous. Sans elle, je n'aurais jamais penser à les inviter à partager mon cochon, et le Cercle des amateurs de littérature et de tourte aux épluchures de patates de Guernesey n'aurait jamais vu le jour".

Il faut reconnaître que la principale qualité de ce drôle de cercle aura été de
permettre à de nombreux membres de remettre la main sur un livre. Chose qui ne leur était pas arrivé depuis la fin de leur scolarité. Selon certaines vieilles pies de Guernesey, ce salon n'aurait été qu'un ramassis d'ivrognes, d'idiots, de sorcières et de va-nu-pieds recrutés par Élizabeth McEnna. Elle-même sujette à caution quant à ses fréquentations douteuses. Heureusement pour tout le monde, la vérité n'a rien à voir avec les propos de quelques vipères frustrées. La réalité est tout autre, à la fois plus belle, plus riche, mais aussi plus tragique que les quelques ragots rapportés à Juliet pour décrédibiliser certaines personnes.

Après les relations épistolaires avec les principaux membres de cette étrange congrégation littéraire, Juliet décidera de partir à leur rencontre en s'installant à Guernesey. Et quel meilleur endroit que la maison d'Élizabeth pour vivre sa nouvelle vie d'insulaire, assimiler et appréhender l'histoire de cette île pendant l'occupation et pouvoir en écrire un livre. "Dans chaque recoin, je découvre des objets qui me parlent d'elle. C'est une observatrice, Sidney, tout comme moi. Ses étagères sont couvertes de coquillages, de plumes d'oiseaux, d'algues séchées, de galets, de coquilles d'œufs, et il y a même un petit squelette - de chauve-souris sans doute. Des petites choses ramassées par terre. D'autre promeneurs les auraient enjambées ou piétinées, mais Élizabeth a remarqué leur beauté et les a
emportées chez elle. Je me demande si elle les utilisait pour peindre des natures mortes ? Il y a peut-être des croquis rangés quelque part. Il faut que j'explore davantage cette maison. Je suis excitée comme une puce depuis que je suis ici". Juliet réalisera petit à petit tout le courage, l'abnégation, la volonté et la force de caractère dont a fait preuve Élizabeth durant la guerre.

Lecture drôle et fantasque que ce "Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de
patates" avec un fourmillement de personnages pour le moins atypiques et hauts en couleur. A commencer par Juliet et les relations épistolaires qu'elle entretient avec son éditeur et un certain Mark Reynolds. Au fil de ses lettres, le lecteur découvre une Angleterre qui se relève difficilement d'une guerre frustrante et pénible pour beaucoup d'entre eux. Les couvre-feux imposés, les restrictions - tant alimentaire que sociale -, tout ce qui fait le quotidien en période de conflit est évoqué par Juliet dans son courrier. Le retour à la normalité se fait lentement, par couche successive. Le ton général du roman est à l'humour anglais, mêlant subtilement les situations délicates et les comportements désinvoltes. Même les sujets insupportables sont abordés par les différents protagonistes sur un ton presque détachés. Les membres de ce cercle sont tous aussi attachants que baroques. Isola Pribby, vieille fille au physique difficile, un peu sorcière ou Clovis Fossey qui verra dans la lecture de poèmes l'occasion de récupérer des pâturages d'une veuve, John Booker qui n'aura lu qu'un seul et unique livre ou Clara Saussey qui déclenchera une envie de meurtre collectif pour avoir lu son livre de cuisine au groupe en cette période de dure disette. Autant de personnages sympathiques et exclusifs pour nous raconter dans une bonne humeur communicative et avec un humour grinçant, l'histoire et la vie de Guernesey pendant la 2ème Guerre Mondiale. Un livre pour chasser le temps maussade et retrouver immédiatement le sourire. Pour les amatrices, il y est même question d'Oscar Wilde et de Jane Austen ...

Encore merci à Manu pour ce prêt.

Pour Tamara, c'est un roman à respirer à pleins poumons, à dévorer, à serrer contre soi pour se réchauffer le cœur ; Sassenach de Biblio du dolmen a eu un coup de cœur ; Ys n'a pas résisté au charme de ce roman épistolaire et a succombé ; Emjy ne lui trouve que des qualités ; pour Keisha c'est un livre magnifique entre rires et émotion, selon Lilly c'est le livre idéal pour nos froides soirées d'hiver ; Manu a été triste de quitter les personnages de ce curieux roman ; Florinette nous parle de son coup de coeur, de l'auteur et de Guernesey ; Alfie regrette la succession de lettres mais a aimé ; pour Cathulu c'est un livre pétillant à découvrir d'urgence ; Karine a été happée par le roman ; pour Lucile c'est une valeur sûre ; pour Clarabel qui l'a lu en avant-première, c'est savoureux et on va adorer ; selon Chiffonnette c'est un livre doudou ; pour Fashion c'est tout simplement fabuleux parce que ce roman vante les vertus de la lecture, de l'humour et de l'imagination face à la barbarie ; depuis cette lecture, Stéphanie souhaite délocaliser le Club des théières à Guernesey ; Caro[line] recommande cette lecture pleine de tendresse, d'émotion et d'humour ; Cachou est sous le charme des personnages du livre et de Guernesey ; Deliregirl1 savait avant même sa lecture que ce roman serait un coup de cœur ; Karine:) a trouvé ce roman agréable à lire et deux / trois choses à redire ... Michel a eu un coup de foudre pour le livre et pour l'île de Guernesey.
Beaucoup de bloggeuses, donc, ont succombé au charme de ce livre atypique. Si je vous ai oubliés, dites-le moi ...