2 avril 2011

QUE LIRA-T-ON EN AVRIL ?

Peut-être avez-vous cru que j'allais oublier le rendez-vous fixé tous les débuts de mois pour vous présenter les livres qui sortent – enfin – en format poche ? C'était bien mal me connaître ! Malgré le travail que je peux avoir, et le retard que j'accumule aussi bien dans la lecture de vos blogs que dans l'écriture de mes billets (un peu comme les champignons concentrent la radioactivité de la centrale de Fukushima !), je suis là et bien là pour vous présenter quelques belles sorties qui vous permettront certainement de découvrir des livres connus ou pas, des auteurs nouveaux ou pas, des envies de lire ou pas. Au choix de chacun.

En ce joli mois d'avril qui nous proposera une belle histoire d'amour télévisée directement venue d'Outre-manche comme seuls nos amis Britanniques savent encore en fabriquer, et pour vous faire patienter un peu avant les falbalas et autres fanfreluches bariolées, les bibis ornés et colorés, les robes mousselines aériennes et bigarrées, place aux sorties du mois.

  • 10/18

Le destin miraculeux d'Edgar Mint – Brady Udall

À chaque époque son destin, à chacun sa route, à chacun son chemin. Or, le destin d'Edgar Mint, aussi singulier soit-il, colle parfaitement aux années 2000. Imaginez un gamin de sept ans, élevé par une mère apache alcoolique et une grand-mère qui n'ouvre la bouche que pour pousser des cris à l'attention des dieux. Imaginez que ce même gamin se fait rouler sur la tête par la jeep du facteur un brûlant après-midi d'été tandis que sa mère cuve ses bières sous un arbre à canettes. On le croit mort, il est sauvé in extremis par un docteur Mabuse sans scrupule. Heureusement sorti du coma, Edgar commence ainsi sa seconde vie dans un hôpital, côtoyant les autres gueules cassés de la vie et découvrant ses nouvelles facultés émotives et sensorielles. Car si l'accident a laissé des séquelles indélébiles, il a en même temps développé chez l'enfant une formidable acuité à décrypter la frénésie et l'incohérence du monde qui l'entoure. Poursuivi sans relâche par son sauveur de médecin devenu dealer et un complice junky, Edgar se retrouve dans un pensionnat pour jeunes Indiens délinquants, sorte d'antichambre du chaos généralisé. Il n'en sortira indemne qu'en tapant comme un fou sur sa vieille machine à écrire puis en finissant par découvrir la foi auprès de deux représentants de l'Église Mormon !

Un beau jour de printemps – Yiyun LI

En ce jour de printemps 1979, la ville de Rivière-Fangeuse se prépare à l'exécution de Gu Shan, une ancienne garde rouge devenue dissidente. Pour ses parents et les quelques habitants écœurés par cette ultime injustice, plus rien ne sera comme avant. Sous l'œil omniprésent du Parti, contre la terreur ordinaire dans la Chine post-maoïste, ils tentent de modifier la trajectoire imposée.

Mémoires captives – Azar Fanisi

Briser le silence. De l'ascension politique de son père en Iran à la trahison, de l'idéal révolutionnaire à la désillusion totalitaire, Azar Nafisi raconte. Entre secrets de famille et secrets d'État, il n'y a qu'un pas, que l'auteur de Lire Lolita à Téhéran franchit pour réaffirmer sa foi en sa patrie de cœur, celle de l'imagination. Un témoignage à la beauté mélancolique.

La mer noire – Kéthévane Davrichewy

À Paris, le jour de son anniversaire, Tamouna repense à la Georgie, ce pays qu'elle a dû fuir à quinze ans. A l'âge où les souvenirs s'effritent, les siens sont restées intacts : son exil, la déchirure de sa famille, et ses amours manquées... Et tandis que passé et présent se rejoignent doucement, se dessine le portrait d'une femme toujours habitée par la joie et le désir, malgré les caprices de l'Histoire.

La vie financière des poètes – Jess Walter

La quarantaine passée, Matt se réveille un beau matin sans boulot, criblé de dettes et face à un compte à rebours plus que flippant : il n'a que huit jours pour sauver sa maison des griffes de ses créanciers. Sa rencontre inattendue avec deux minables dealers va lui ouvrir les yeux : investir dans le lucratif commerce de l'herbe qui redonne goût à la vie en ces temps de crise. Mais au pays des rêves et des dollars qui partent en fumée, il faut savoir se méfier des mirages. Entre magistrale arnaque et fiasco annoncé, Matt, en bout de course, n'aura peut-être pas perdu l'essentiel...

Le papillon de papier – Diane Wei Liang

Pas facile de retrouver dans une ville survoltée, une pop star rebelle disparue depuis plusieurs jours ! La détective privée Wang Mei n'a que quelques mots d'amour et un papillon de papier pour la guider dans Pékin où, des taudis tentaculaires aux buildings flambant neufs, plane l'ombre tragique du soulèvement de la place Tian'anmen. Trahison et vengeance dans une Chine tourmentée par les fantômes de son passé.

  • Livre de poche

Histoire de mes assassins – Tarun Tejpal

A Delhi, un journaliste renommé apprend par un flash d'information, qu'il vient d'échapper à la mort et que cinq suspects ont été arrêtés. Il ignore pourquoi on a voulu le tuer. Est-ce parce qu'il a révélé une affaire de corruption au sein du gouvernement indien dans les colonnes de son magazine ? A moins que les services secrets pakistanais ne soient les commanditaires ?... Protégé par des policiers, il se retrouve bientôt face à ces cinq hommes. Originaires de l'Inde du Nord, ils ont grandi dans le monde impitoyable des millions de laissés-pour-compte du pays et sont prêts au pire pour quelques roupies… Dans cet ample roman, plein de compassion, l'auteur de Loin de Chandigarh met à nu les plaies de l'Inde contemporaine.

L.A. noir – Tom Epperson

Après un terrible accident, vous avez perdu la mémoire. Vous ne savez plus qui vous êtes. Vous vous rappelez juste votre nom, Danny Landon, et que vous avez de (très) mauvaises fréquentations. Votre boss, par exemple, Bud Seitz, un ponte de la mafia. Comme vos amis, des criminels impitoyables. Selon la rumeur, vous avez aussi un net penchant pour la violence. Vous n'êtes plus sûr de rien, sauf de votre attirance pour Darla, la copine de votre boss… Tout cela risque de mal finir, non ? Salué par une critique unanime, ce premier roman nous offre une intrigue parfaite, pleine de rebondissements, digne des frères Coen. Les droits d'adaptation cinématographiques ont été achetés par Ridley Scott, qui signera la mise en scène du film.

Le miracle de San Gennaro – Sandor Marai

Situé en 1949 à Naples, où Márai passa quelques années avant d'émigrer aux États-Unis, ce roman, largement autobiographique, brosse un tableau plein de vie et d'humour du petit peuple du Pausilippe. Comme égarées dans ce quartier haut en couleur, deux ombres : un couple d'étrangers discrets, jamais nommés autrement que « l'homme » et « la femme ». Viennent-ils d'Amérique, d'Angleterre, de Pologne, nul ne sait. Un jour, l'étranger est retrouvé mort au pied d'une falaise. À travers l'enquête du vice-questeur et les récits de ceux qui côtoyaient le disparu (sa femme, se dégage un portrait paradoxal de ce réfugié au statut fragile, qui tenait, malgré lui, le rôle d'un messie dans cette ville où, chaque année, le sang de San Gennaro se liquéfie miraculeusement. Récit de l'exil et du déracinement, ce roman désenchanté confirme l'immense talent de l'auteur des Braises.

Petit lexique amoureux du théâtre – Philippe Torreton

T comme Trac Le trac c'est cette sensation diffuse qui vous envahit le bas-ventre lorsque la représentation s'approche avec ces gros sabots de salle qui se remplit. C'est une solitude de derrière le velours, personne ne peut plus rien pour vous, alors vous faites le tour de tout plusieurs fois, à commencer par le texte que vous savez pourtant depuis longtemps. […] Le trac vous raccroche à l'enfance et à son ignorance dans un monde tellement savant. C'est être définitivement puceau. De A comme Admiration à Z comme ZZZZ (ronflement du spectateur qui dort…) en passant par Bide, Critique, Intermittents du spectacle, Marivaudage ou Ministère de la Culture, Philippe Torreton nous promène dans les coulisses de son art, de son métier, de ses joies et de ses peines. Avec modestie et panache.

Une fois deux – Iris Anika

Senta et Thomas, deux êtres que tout oppose, tombent l'un sur l'autre dans un café du quartier de Kreuzberg à Berlin. Coup de foudre, coup de fil : la rencontre est scellée en 127 secondes. Mais, très vite, le doute, la peur s'installent. Les monologues intérieurs des protagonistes témoignent de leur résistance émue, surprise, face à cette histoire. De l'analyse scientifique du sanglot au fragment du discours informatique amoureux, un véritable arsenal stylistique est mis en œuvre pour dynamiter leur relation, la disséquer avec un humour désopilant, le tout dans la canicule estivale de Berlin, croquée avec la précision d'une Berlinoise d'adoption. Ce roman bourré d'humour, de tendresse aussi, se présente comme un brillant exercice de style sur toutes ces coulées de langage qu'emprunte le désir pour se raconter, se mettre en scène, s'alimenter, bref, s'inspirer… Sophie Deltin, Le Matricule des anges.

Le dernier crâne de M. Sade – Jacques Chessex

Qui est cet homme de soixante-quatorze ans enfermé à l'hospice de Charenton, au printemps 1814, qui a commis tant de crimes et semble ne se repentir en rien ? Fuyard, brûlé en effigie, embastillé, sodomite, blasphémateur, soupçonné d'inceste, et pourtant encore là, bouillant d'idées et d'ulcères, désireux de poursuivre l'œuvre de chair. Cet homme se nomme Donatien-Alphonse de Sade. Il meurt en décembre 1814. En 1818, sa tombe est ouverte, et son crâne passe dans les mains du docteur Ramon, le jeune médecin qui le veilla jusqu'à la mort. Relique, rire jeté à la face de toutes choses, effroi érotique, le crâne de M. de Sade roule d'un siècle à l'autre, incendiant, révélant et occupant le narrateur de ce roman.

Pour mon plaisir et ma délectation charnelle – Pierre Combescot

Dans le tumulte de la guerre de Cent Ans, princes et ducs s'assassinent pour la couronne de Charles VI, frappé de démence. Gilles de Rais, l'un des plus sombres criminels de l'Histoire, vient au monde. Compagnon d'armes de Jeanne d'Arc qu'il révère, adepte de la magie noire mais fervent chrétien, immensément riche et prodigue, l'homme qui a inspiré Barbe- Bleue est aussi parmi les plus puissants du royaume. Aux juges qui l'interrogeront sur les raisons de sa folie sanguinaire, il dira n'avoir agi que « pour son plaisir et sa délectation charnelle »...

Cela lui a permis, sans sa verve habituelle, de sauter de la mortification à l'horreur avec une grâce d'État : depuis la Vie de Rancé on sait que ces livres- là, qui forcent la nature, sont les meilleurs de leurs auteurs. Stéphane Denis, Le Figaro magazine.

Un hiver avec Baudelaire – Harold Cobert

Sa femme l'a mis dehors, son CDD n'est pas prolongé. Philippe est happé dans une spirale infernale et passe de l'autre côté de la barrière sociale : SDF, confronté à la dure loi de la rue, faite de solitude, de honte et de violence. Jusqu'au jour où il rencontre Baudelaire. Grâce à cet inénarrable compagnon d'infortune, et avec l'aide d'un vendeur de kebab, d'une riche veuve et d'une dame pipi, il réussit à remonter la pente. Et à retourner à une vie normale. Plongée sans fard dans le quotidien des plus démunis, Un hiver avec Baudelaire, en mêlant romanesque et réalité sociale, poésie et âpreté, nous rappelle à quel point est précaire l'équilibre qui régit nos vies.

Le goût des pépins de raisins – Katharina Hagena

À la mort de Bertha, ses trois filles et sa petite-fille, Iris, la narratrice, se retrouvent dans leur maison de famille, à Bootshaven, dans le nord de l'Allemagne, pour la lecture du testament. À sa grande surprise, Iris hérite de la maison. Bibliothécaire à Fribourg, elle n'envisage pas, dans un premier temps, de la conserver. Mais, à mesure qu'elle redécouvre chaque pièce, chaque parcelle du merveilleux jardin, ses souvenirs font resurgir l'histoire émouvante et tragique de trois générations de femmes. Un grand roman sur le souvenir et l'oubli.

Si, entre les pages, on sent les odeurs « de pomme et vieilles pierres », c'est que, dans un style dont la sobriété touche toujours juste, elle sait à merveille donner vie au souvenir. Elvire Emptaz, Elle.

  • Folio

Diderot le génie débraillé – Sophie Chauveau

Diderot l'écrivain, le philosophe, l'Encyclopédiste nous est ici révélé sous un autre jour. Voici un adolescent, fuyant son père avec la complicité de sa sœur, qui plonge avec délices dans le Quartier Latin. Voici un bon vivant, gastronome et séducteur, navigant d'amour en amour. Surveillé par les censeurs sous le règne du Roi Soleil, il se passionne pour toutes les causes, entraîne d'Alembert, La Condamine dans l'aventure de l'Encyclopédie. Avant de quitter la France pour la Russie et de rejoindre à Saint-Pétersbourg la cour de la Grande Catherine… Après avoir ressuscité Lippi, Botticelli, et Léonard de Vinci dans le « Siècle de Florence », Sophie Chauveau se penche avec la même verve sur le siècle des Lumières. Des années bohème aux cercles de l'Encyclopédie, elle nous raconte la vie passionnée et passionnante d'un de nos plus grands penseurs.

Les enfants de la veuve – Paula Fox

A la veille d'un voyage en Afrique, Laura Maldonada Clapper et son mari, Desmond, boivent du scotch assis dans une chambre d'hôtel new-yorkaise, en attendant leurs trois invités : Clara, la timide fille de Laura née d'un précédent mariage ; Carlos, l'exubérant frère de Laura, critique musical raté ; et Peter, un éditeur falot et mélancolique que Laura n'a pas revu depuis un an. Ce qui s'annonçait comme une petite fête de départ se transforme bientôt en un amer et angoissant règlement de comptes familial. Laura, sorte de « diva », qui tout au moins semble se considérer comme telle, orchestre la soirée avec une impériale cruauté et multiplie insinuations et hostilités pour tenter de cacher une terrible nouvelle qu'elle vient d'apprendre. Paula Fox révèle une fois de plus son incontestable maîtrise esthétique et sa capacité à raconter les relations humaines telles qu'elles sont et non telles qu'elles devraient être. Elle met en scène avec une grande subtilité la toute-puissance maternelle dans ce qu'elle peut avoir de manipulateur et de déstabilisant.

Le bateau brume – Philippe le Guillou

Deux destins entrelacés. Deux frères, Gilles et Guillaume Vègh. L'un est attiré par l'histoire et l'action politique, l'autre dessine et peint. Des bords de l'Elorn, la rivière finistérienne auprès de laquelle ils grandissent, à Paris, du Périgord à Rome, de Dublin à Bologne et du Marais breton à Shanghai, on suit, dans la seconde moitié du XXe siècle et au début du suivant, leurs itinéraires, leurs passions, leurs éclipses et leurs passages douloureux, parce que si les chemins bifurquent, si les vies en apparence se séparent, la force d'un lien et d'un amour hors du commun fait que jamais ils ne se perdront. Plus que le mystère de la gémellité, Le bateau Brume explore la singularité sensible de ces deux vies en miroir.

Le pigeon voyageur – Meir Shalev

«Les pigeons, qui se croisèrent très probablement en chemin, arrivèrent et se posèrent. Leur gorge lustrée battait très fort. La Fillette et le Bébé, chacun de l'endroit où ils se trouvaient, défirent les fils de soie qui reliaient les plumes aux queues puis firent un pas sur le côté pour lire les mots qui leur étaient destinés. Comptés et laconiques comme il se doit en colombophilie : oui-oui-oui-oui. Oui, nous nous aimons ; oui, nous nous manquons ; oui, nous n'oublions pas ; oui, nous nous souvenons.» Yair est guide touristique en Israël. Au cours d'une excursion près de Jérusalem, un Américain lui raconte ses souvenirs de la guerre d'Indépendance de 1948 et la tragédie qui toucha un jeune homme surnommé «le Bébé». Or Yair connaît cette histoire : celle de l'amour qui unit deux enfants, bientôt deux adolescents, passionnés de colombophilie…

La tête perdue de Damasceno Monteiro – Antonio Tabucchi

Cela se passe à Porto. Un vieux gitan, Manolo, fait une macabre découverte : un corps décapité. Où est passée la tête de la victime? Qui l'a assassinée? Qui avait intérêt à empêcher l'identification du cadavre? Un journal populaire de Lisbonne va dépêcher un enquêteur sur place, le jeune Firmino, étudiant en lettres. Commence alors une sorte de faux polar à portée métaphysique, notamment sous l'impulsion de l'avocat Don Fernando, dit Loton, un homme cultivé, bizarre, excentrique même, d'esprit à la fois anarchiste et aristocratique. L'avocat pointe les énigmes, amorce des hypothèses, développe ses théories de la justice et son obsession de la Norme juridique. Et Firmino poursuit son enquête, qui finit par impliquer la police. Un roman surprenant, une réflexion aiguë sur les abus de pouvoir, sur l'illégalité, sur la xénophobie qui revient. Bref, les infamies de l'Europe contemporaine.

Les fantômes de Breslau – Marek Krajewski

Début septembre 1919. Sur une petite île de l'Oder, des collégiens découvrent les corps atrocement mutilés de quatre jeunes hommes en bonnet de marin. A côté des victimes, la police retrouve une feuille avec une citation de la Bible, adressée à l'assistant criminel spécialisé dans les affaires de mœurs, Eberhard Mock. A travers les sombres ruelles de Breslau marquées par le désœuvrement de l'après-guerre, le crime et des établissements douteux où circule la drogue et fleurit la prostitution, l'enquête que mènera Mock dans l'" affaire des quatre marins " fera resurgir son propre passé, encore très proche... Premier volume d'une série nous plongeant au cœur de l'Europe centrale de l'entre-deux-guerres, Les fantômes de Breslau ravira les amateurs d'Histoire et de mystères.

  • Points Seuil

Orages ordinaires – William Boyd

Par une succession de terrifiantes coïncidences, le jeune climatologue Adam Kindred se retrouve suspecté de meurtre. Pour échapper à la police et au tueur à gages lancé à ses trousses, sa seule issue est de se défaire de tous les signes extérieurs de son identité et de rejoindre la multitude de ces exclus anonymes qui hantent la capitale londonienne. Né au Ghana en 1952, William Boyd a été critique de télévision, scénariste, réalisateur et professeur avant de se consacrer à l'écriture. En 1980, son premier roman, Un Anglais sous les Tropiques, rencontre un succès immédiat.

Nuit et jour – Virginia Woolf

« C'était un dimanche après-midi d'octobre et, tout comme nombre de jeunes filles de sa condition, Katherine Hilbery servait le thé » : Katherine Hilbery, résignée à la vie domestique que lui réserve la tradition, se prépare à épouser William Rodney. Mary Datchet, indépendante et moderne, travaille pour les suffragettes. L'arrivée du jeune et ténébreux Ralph Denham pousse les deux amies à s'interroger sur l'amour, le mariage, le bonheur. Le quatuor est entraîné dans une valse des sentiments fébrile, passionnée et mal accordée à ce siècle vieillissant.

La reine et moi – Sue Townsend

L'impensable s'est produit : le Parti républicain populaire britannique abolit la monarchie. La famille royale est sous le choc : mise à la porte de Buckingham Palace, la reine, le prince Philip et leurs enfants deviennent les Windsor, une famille comme tout le monde, eux qui n'ont jamais appris à ouvrir une boîte de conserve ni même une porte sans assistance. Récit corrosif et néanmoins très tendre de la vie quotidienne de Ma'am dans une banlieue populaire anglaise. Née en 1946 à Leicester, Sue Townsend est l'auteur du Journal secret d'Adrian, 23 ans ¾ et du Journal secret d´Adrian, 15 ans. Engagée en politique, elle dépeint la société britannique avec cynisme et humour.

La passerelle – Lorrie Moore

À Troie, Tassie Keltjin, vingt ans, mène une vie insouciante. Entre les cours et les copains, elle est la baby-sitter de Mary-Emma, une adorable métisse. Tout juste adoptée, la fillette ne passe pas inaperçue : les regards sont lourds, les injures pleuvent et ses parents la rejettent peu à peu. Bouleversée, Tassie découvre le visage sombre d'une Amérique où l'hypocrisie se mêle au racisme ordinaire.

La traversée des fleuves – Georges-Arthur Goldschmidt

Contraint de quitter son Allemagne natale pour échapper aux décimations nazies, Georges-Arthur Goldschmidt se réfugie dans un internat de Haute-Savoie. On l'y croit idiot, incapable d'apprendre le français, on le bat fréquemment. Pourtant, un jour, l'un de ses camarades s'exclame devant la neige : « Les premiers flocons ! », et là, Georges-Arthur Goldschmidt s'aperçoit qu'il comprend déjà le français, et depuis longtemps. C'est le début de son amour pour une langue que cet enseignant émérite adoptera pour de bon en prenant la nationalité française.

L'histoire très ordinaire de Rachel Dupree – Ann Weisgarber

Isaac et Rachel Dupree avaient de quoi être fiers. Premiers fermiers noirs des Badlands, à la tête d'un domaine de cent soixante hectares, l'ancien soldat et la petite cuisinière de Chicago se voyaient déjà faire jeu égal avec les pionniers blancs. Mais face à la sécheresse et à la pénurie de 1917, l'ambition démesurée d'Isaac ne fait qu'aggraver la situation de sa femme enceinte et de leurs cinq enfants, poussant cette dernière à prendre de graves résolutions.

Les courants fourbes du lac Tai – Xiaolong QIU

En vacances à Wuxi, l'inspecteur Chen rencontre la troublante Shanshan. Militante pour l'environnement, elle lui raconte son combat : sauver le lac Tai des déchets toxiques. Quand le directeur d'une usine chimique est assassiné, tous les regards se tournent vers la jeune activiste. Chargé de l'enquête, Chen oscille entre les beaux yeux de Shanshan et ses soupçons. Les écologistes seraient-ils plus dangereux que la pollution ?

Le poisson mouillé – Volker Kutscher

Après la répression des émeutes communistes du 1er mai 1929, la police de Berlin n'a plus droit à l'erreur. Et avec le cadavre d'un mystérieux Russe sur les bras, la tâche s'annonce ardue. Seul le commissaire Gereon Rath, fraîchement débarqué de Cologne, connaît son identité. Face à l'hostilité de ses collègues et à la corruption, il va devoir se salir les mains s'il veut gagner ses galons.

21 commentaires:

dasola a dit…

Bonsoir Nanne, j'en ai lu quelques uns comme le Brady Udall, il y a plusieurs années quand il est sorti: très bien. Le Chessex, pas mal dommage que cet écrivain ait disparu si brutalement. Quant au Combescot (je n'ai pas fait de billet), il n'est pas à mettre entre toutes les mains mais Combescot écrit très bien. Le Poisson mouillé m'attend dans ma PAL. Le Hagena m'avait laissé un goût d'inachevé. J'ai moyennement aimé. Bonne soirée.

Aifelle a dit…

"le goût des pépins de POMME" pas de raisin :-)) Plusieurs pépites dans les sorties encore ce mois-ci, dont quelques unes que j'ai lues et d'autres à découvrir.

Mango a dit…

Le dernier crâne de M.Sade qui est aussi le dernier livre de son auteur: quel livre choc et très particulier! Je lirais volontiers "La reine et moi" qui a l'air divertissant!

keisha a dit…

Virginia Woolf? c'est une de ses nouvelles?
La reine et moi : un vieil exemplaire existe à la bibli, je l'avais déjà noté!

moustafette a dit…

Ta chronique des nouveautés est devenue incontournable !
"Un beau jour de printemps" et "Une fois deux" ont ma préférence ainsi que "Diderot le génie débraillé"...
Je garde un bon souvenir d'"Orages ordinaires" (mais W Boyd est plutôt une valeur sûre).
Bon mois d'Avril Nanne !

Manu a dit…

Que de livres tentants encore dans les sorties du mois d'avril, surtout en 10/18. Je me sens une nouvelle passion pour les cultures que je ne connais pas.

emmyne a dit…

Même préférence que Moustafette pour " Un beau jour de printemps " et "Une fois deux".
" Le goût des pépins de pommes " est un agréable souvenir de lecture, ne surtout pas s'en priver. Et " La mer noire " qui passe déjà en poche, il est urgent que je le place en haut de ma pile...hum.
Belles lectures Nanne.

juliette a dit…

T'as plutôt pas intérêt à oublier ce rdv!!!!

Dominique a dit…

Je recommande une touche d'Edgar Mint et un peu de Sade par dessus !
C'est bien que Nuit et jour sorte en poche
gros travail que cette liste merci à toi Nanne

Yv a dit…

Pour une fois, j'en ai pas mal :
- Le papillon de papier : bien
- Le dernier crâne de M. de Sade : étonnat, morbide et très bien écrit
- Pour mon plaisir et ma délectation charnelle : dérangeant, bien écrit, mais assez difficile
- Le poisson mouillé : très bien, je viens d'ailleurs de finir la suite (billet prochainement)

Lounima a dit…

Bonjour Nanne,
Si ce n'est déjà fait, je te conseille vivement la lecture de "Histoire de mes assassins" de Tejpal, un livre que j'ai beaucoup aimé même si de nombreux passages sont assez durs à supporter ! ;-)
Bises

Con a dit…

J'ai hâte de recontrer la reine !!

Lilibook a dit…

De belles lectures à découvrir, j'ai lu Le poisson mouillé à sa sortie, j'avais bien aimé ce polar historique.

Nanne a dit…

@ Dasola : Le roman de Chessex a été le premier que j'ai lu et qui m'a permis de découvrir un auteur de talent que je ne regrette pas. "Pour mon plaisir et ma délectation charnelle" de Combescot, je suis tentée, d'autant que j'apprécie l'écriture et l'humour de cet écrivain proche de Jean Teulé pour le morbide. Quant au "Poisson mouillé", je l'avais beaucoup apprécié. J'ai vu que le 2ème opus venait de sortir. Je pense que je n'attendrai pas sa sortie en poche pour le lire et le faire partager (encore que !) ...

@ Aifelle : Merci de me prévenir pour la bourde ;-D je devais avoir des envies de raisins au moment d'écrire ce billet ! Dans tous les cas, encore de belles sorties, dont ce roman qui est arrivé à bon port chez moi. Sans parler de "La mer noire" qui reste un très bon souvenir de lecture, grâce à ton prêt ...

Nanne a dit…

@ Mango : J'ai adoré ce dernier roman de Chessex qui a été le premier que j'ai lu de cet auteur. Un ouvrage très singulier, presque scabreux, mais captivant ! Et je suis comme toi pour "La reine et moi". Je suis très tentée par sa lecture ... Et en plus à quelques jours d'un royal événement so British ;-D

@ Keisha : Je ne pouvais pas passer à côté d'une réédition d'une œuvre de Virginia Woolf, devenue une star des blogs tout comme Jane Austen ou JCO ! Cela aurait été de l'hérésie pure et simple ;-D Pour "La reine et moi", ils se sont enfin décidés à le sortir en poche (il date de 1999, quand même !)

Nanne a dit…

@ Moustafette : On s'habitue très vite aux bonne choses ;-D Cela dit, je ne renoncerai pas à cette chronique mensuelle, pour le plaisir de partager toutes ces sorties (non exhaustives !)... "Une fois deux" m'a l'air plutôt corrosif et cynique, même si j'ai une préférence pour "La reine et moi". Quant au roman sur Diderot par Sophie Chauveau, je pense qu'il vaut le détour, comme l'ensemble de son œuvre biographique essentiellement consacrée aux artistes.

@ Manu : Les éditions poches font beaucoup d'effort pour proposer des ouvrages de qualité et très variés ... Cela donne envie de découvrir de nouveaux horizons littéraires inconnus jusqu'à présent ! Mais la frustration vient des choix que l'on doit faire parmi toutes ces tentations ;-D

Nanne a dit…

@ Emmyne : J'ai la chance d'avoir "Le goût des pépins de pommes" dans ma PAL grâce à Aifelle qui en a fait un livre-voyageur. Je vais donc pouvoir le lire avec délectation ... "La mer noire" est déjà en poche et c'est une excellente chose. Je te conseille vivement de le lire, car le sujet est d'une grande sensibilité et l'écriture est très poétique.

@ Juliette : Je te rassure : il est hors de question que j'oublie ce RV mensuel que vous attendez tous et toutes avec impatience et fébrilité ! J'ai simplement parfois un peu de retard par rapport à la date, comme d'habitude ;-D

Nanne a dit…

@ Dominique : merci pour ces conseils de cuisine littéraire que je retiens ;-D Et merci pour tes encouragements face à un travail qui demande un minimum d'organisation et de méthode !

@ Yv : J'ai lu le roman de Chessex que j'ai beaucoup apprécié, ainsi que le "Poisson mouillé". J'attendais la sortie de ce roman de Combescot qui me tentait déjà en édition brochée. Par contre, il me tarde de lire ta chronique concernant la suite du roman de Kutscher. Le sujet me tente bien !

Nanne a dit…

@ Lounima : Ce n'est pas encore fait pour "L'histoire de mes assassins", mais ça ne saurait tarder, surtout en format poche ! Une belle occasion de découvrir un auteur indien et de lire un roman de qualité ...

@ Con : Moi aussi ! Et de voir comment elle se débrouille dans la vraie vie ...

@ Lilibook : Les sorties en poche deviennent de meilleures qualité au fil des mois. Comme toi, "Le poisson mouillé" m'avait beaucoup plu, et j'ai prévu la suite qui vient de sortir il y a quelques semaines ...

yayitake a dit…

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Nanne a dit…

@ Yayitake : Thank you for you nice comment !