1 février 2011

QUE LIRA-T-ON EN FEVRIER ?

Ça y est, l'année 2011 est entamée. Les agapes sont passées et les sorties en poche sortent par paquet. Il y a, encore cette fois, du bon, du très bon et même de l'excellent. Un conseil : préparez-vous à des tentations ignobles et à faire grimper en flèche vos PAL respectives …
  • 10 / 18

Le gang des mégères inapprivoisées – Tom Sharpe

Dans le Northumberland, depuis des générations, les dames Grope font régner la terreur autour d'elles. Signes distinctifs : un physique ingrat, une nature antipathique et des pulsions castratrices inversement proportionnelles à leur volonté de se reproduire. Qu'à cela ne tienne ! Chez les Grope, on kidnappe les hommes de mère en fille. Une coutume familiale dont le jeune Esmond Burnes va faire les frais... Fils unique d'une toquée de romans à l'eau de rose et d'un petit banquier terne et disgracieux, Esmond est forcé de se réfugier chez son oncle suite à une agression alcoolisée de son père. C'est là que l'innocent garçon va tomber entre les griffes de sa tante Belinda, née Grope, épouse frustrée et ménagère forcenée... Disparitions suspectes, soûleries aggravées, accès de folie, torrides parties de jambes en l'air... Même la police va perdre le fil. Mais y aura-t-il quelqu'un pour sauver Esmond Burnes ?

Beatles – Lars Saabaye Christensen

Quatre amis, Kim, Gunnar, Ola et Seb, sont réunis par leur passion pour les Beatles. Ballottés entre histoires d'amour balbutiantes, rêves de grandeur et petites déceptions du quotidien, ils ont quinze ans et sont inséparables. Leurs aventures jusqu'à l'âge adulte sont racontées par Kim, le plus ambitieux mais aussi le plus fragile. Chaque chapitre a pour titre et pour thème une chanson des Beatles. La guerre du Vietnam a beau indigner les foules, Paris vivre sous les barricades et la Norvège hésiter à rejoindre la Communauté européenne, les quatre copains iront toujours trinquer sur quelques accords à la santé du groupe mythique de leur jeunesse.

Les enfants de Staline – Owen Matthews

Au cœur du Moscou post-communiste des années 1990, un jeune reporter, Owen Matthews, retrouve la trace des siens et de ces existences qui le hantent... L'ascension et la chute de son grand-père, Boris Bibikov, victime des purges. En 1937, Boris Bibikov est pourtant l'Homo sovieticus exemplaire, héros de l'industrialisation à outrance, communiste convaincu de sa tâche quand il dirige la construction d'une usine, encourage à la production tout en fermant les yeux sur la famine des paysans. L'odyssée de sa mère, Ludmila, livrée à trois ans à peine au chaos de la Seconde Guerre mondiale, séparée de sa sœur au cours de leur fuite à travers les steppes russes, d'orphelinats surpeuplés en hôpitaux insalubres. Le drame de ces amants pris dans la tourmente de la guerre froide : Mervyn, son père, un Anglais russophile qui avait osé refuser les avances du KGB, et Ludmila, devenue une brillante intellectuelle dissidente. A travers les six années de correspondance passionnée de ses parents, le dossier du NKVD de son grand-père et sa propre errance dans une capitale décadente, c'est sa dualité qu'Owen Matthews va découvrir, avec cette part de Russie qui l'habite, l'obsède et le force à écrire...

Lark et Termite – Jayne-Anne Philipps

Juillet 1950, Corée du Sud ; 1959, Virginie occidentale : quelques dizaines de milliers de kilomètres et neuf ans séparent les deux temps. Au centre du récit, Lark, une adolescente rayonnante, s'est donné pour mission de protéger son demi-frère handicapé, Termite, à la sensibilité hors du commun. En écho, la voix du caporal Leavitt, le père de Termite, pris dans le chaos de la guerre de Corée. Au fil de leurs pensées surgissent et s'évaporent les mystères familiaux, marqués par l'amour de Lola, la mère défunte des deux enfants. Une polyphonie envoûtante sur les liens invisibles qui nous unissent
et nous renforcent.

Sous les bruyères – Belinda Bauer

Steven n'a que douze ans et pourtant, il entretient une relation épistolaire avec un tueur en série… C'est le seul moyen qu'il a trouvé pour en finir avec cette histoire familiale qui lui empoisonne l'existence. Car Steven en a assez de creuser la lande à la recherche du corps de son oncle Billy, disparu à peu près au même âge que lui. Persuadé que sa mère et sa grand-mère ne parviendront jamais à faire leur deuil, il entre en contact avec Arnold Avery, incarcéré pour le meurtre de plusieurs enfants dans la région à la même période. Pour Steven, Billy est forcément tombé entre ses griffes. C'est bien pour cela qu'il lui écrit une lettre énigmatique destinée à piquer sa curiosité. Et le stratagème fonctionne ! Le détenu lui répond, et tous deux instaurent une correspondance codée, afin de tromper la vigilance des gardiens. Mais Steven n'imagine pas dans quel engrenage il a mis le doigt. Car Arnold Avery n'est pas seulement un meurtrier rusé et sans scrupules, il est aussi joueur et s'ennuie depuis beaucoup trop longtemps dans sa cellule…

Autoportrait de l'auteur en coureur de fond – Haruki Murakami

Le 1er avril 1978, Murakami décide de vendre son club de jazz pour écrire un roman. Assis à sa table, il fume soixante cigarettes par jour et commence à prendre du poids. S'impose alors la nécessité d'une discipline et de la pratique intensive de la course à pied. Ténacité, capacité de concentration et talent : telles sont les qualités requises d'un romancier. La course à pied lui permet de cultiver sa patience, sa persévérance. Courir devient une métaphore de son travail d'écrivain. Courir est aussi un moyen de mieux se connaître, de découvrir sa véritable nature. On se met à l'épreuve de la douleur, on surmonte la souffrance. Corps et esprit sont intrinsèquement liés.

La librairie des ombres – Mikkel Birkegaard

À Copenhague, Luca, propriétaire d'une librairie, décède brusquement. Son fils, Jon, avec qui il a rompu tout contact depuis vingt ans, en hérite. Il découvre alors que son père était à la tête d'une société secrète de lettore, des personnes dotées de pouvoirs exceptionnels permettant d'influencer la lecture des autres... mais aussi de les manipuler jusqu'au meurtre. Très vite, l'évidence s'impose : la mort de Luca n'a rien de naturel. Y a-t-il un traître parmi les membres de cette mystérieuse communauté ? Déterminé à venger son père, Jon se lance dans une quête à haut risque, dans un monde où les livres ont le pouvoir de vie... et de mort.

  • Livre de Poche

La mort, entre autres – Philipp Kerr

On se souvient de Bernie Gunther, l'ex-commissaire de police devenu détective privé, qui, à la fin de La Trilogie berlinoise, assistait à la chute du IIIe Reich, conscient de la corruption qui, à Berlin comme à Vienne, minait le régime. 1949. Bernie vit une passe difficile. Sa femme se meurt, et il craint que le matricule SS dont il garde la trace sous le bras ne lui joue de sales tours. Une cliente affriolante lui demande de retrouver la trace de son époux nazi, et le voici embarqué dans une aventure qui le dépasse. Tel Philip Marlowe, son alter ego californien, et en dépit de son cynisme, Gunther est une proie facile pour les femmes fatales… Atmosphère suffocante, manipulations, et toujours l'Histoire qui sous-tend habilement la fiction : du Philip Kerr en très grande forme.

Loving Frank – Nancy Horan

Chicago 1903. Un jeune couple, les Cheney, fait appel à Frank Lloyd Wright, l'architecte d'avant-garde, génial et rebelle, pour qu'il construise leur nouvelle maison. Et c'est le coup de foudre : Frank tombe follement amoureux de Mamah Borthwick Cheney. Au point que, quelques années plus tard, les amants partent pour l'Europe, abandonnant conjoints et enfants, au grand scandale de la bonne société américaine, puritaine et dévote. Où qu'ils aillent, Frank et Mamah, enchaînés par leur passion mais hantés par une culpabilité intolérable, font la une de la presse américaine. Ils rentrent aux États-Unis en 1914, et leur histoire d'amour va connaître un dénouement dramatique…

Pour une juste cause – Vassili Grossman

En février 1943, le nom de « Stalingrad » est sur toutes les lèvres et va devenir le symbole de la défaite allemande. Correspondant de L'Étoile rouge, Vassili Grossman assiste aux combats, dont il rend compte dans ses chroniques. C'est à ce moment-là qu'il entreprend sa fresque monumentale, Pour une cause juste, dont la seconde partie sera connue dans le monde entier sous le titre de Vie et destin. Grossman est alors un homme ébranlé par la guerre. Son fils aîné a été tué au front, sa mère a péri dans un ghetto… Terminé après la guerre, Pour une cause juste est publié, entre juillet et octobre 1952, dans la revue Novy Mir. Épopée d'une bataille emblématique, c'est un vivant portrait du peuple russe saisi dans sa souffrance et dans sa grandeur. Mais, derrière cette mosaïque de destins, ces affrontements sans merci, ces sacrifices héroïques, nous voyons déjà se profiler les questions vertigineuses de Vie et destin sur les totalitarismes de notre temps.

Dimanche – Irène Némirovski

La rue Las Cases était tranquille comme au cœur de l'été, chaque fenêtre ouverte abritée d'un store jaune. Les beaux jours étaient de retour ; c'était le premier dimanche de printemps. Tiède, impatient, inquiet, il poussait les hommes hors des maisons, hors des villes. Le ciel brillait d'un tendre éclat. On entendait le chant des oiseaux dans le square Sainte-Clotilde, un doux pépiement étonné et paresseux, et, dans les rues calmes et sonores, les rauques croassements des autos qui partaient vers la campagne. Nul autre nuage au ciel qu'une petite coquille blanche, délicatement roulée, qui flotta un instant et fondit dans l'azur. I. N.

La partita – Alberto Ongaro

Italie, XVIIIe siècle. Lorsqu'il arrive à Venise, de retour d'exil, Francesco Sacredo, un jeune patricien, découvre que son père a perdu au jeu la totalité de leur immense fortune. La comtesse Mathilde von Wallenstein, une Allemande borgne et sans pitié, lui a ravi jusqu'à son dernier sequin. Ulcéré par l'inconséquence paternelle, Francesco accepte de miser aux dés sa propre personne pour tenter de récupérer son bien. Il perd… Plutôt que de livrer son corps à la comtesse, il s'enfuit, aussitôt pris en chasse par d'impitoyables spadassins. Et, bien que réduit à la dernière extrémité, il tente de rendre coup pour coup à ceux qui s'acharnent contre lui. Un palpitant roman d'aventures, qui n'est pas sans évoquer Dumas…

Le koala tueur – Kenneth Cook

Avec ses redoutables crocodiles, ses koalas féroces et ses cochons sauvages assoiffés de sang, l'impitoyable bush australien reste un territoire indompté. Et ce n'est pas Kenneth Cook qui aurait pu l'apprivoiser ! Cook a réuni, peu avant sa disparition, ces histoires courtes toutes plus hilarantes les unes que les autres, inspirées par ses tribulations à travers l'Australie. D'après lui, chacune de ces quinze rencontres avec la faune sauvage s'est déroulée comme il le raconte ici, même si elles paraissent incroyables. Dépaysement garanti, dans un grand éclat de rire.

  • Folio

L'Arabe – Antoine Audouard

Un inconnu vient se réfugier en un lieu où il croit trouver la tranquillité : une cave donnant sur une petite place, dans un village du Sud. Un inconnu : un Arabe. Le jour, il charrie des tonnes de cailloux sur un chantier de terrassement. Le soir il rentre dans son trou. Pourquoi se cache-t-il ? Le village s'agite, une hostilité sourde monte de la terre. Ici, il n'est pas chez lui et ne le sera jamais. L'Arabe n'entend rien, se berce de l'illusion qu'à force de vivre invisible, il finira par disparaître. Lorsqu'un meurtre est commis sur la place, cette illusion se dissipe. Aux yeux de tous, c'est lui le coupable. Mais les forces qui se dressent contre lui sont anciennes, comme le feu, la rage, la peur. Pour leur échapper, se rendre invisible ne suffira plus. L'Arabe est un grand roman « sudiste », où des personnages de Faulkner ou de Flannery O'Connor traverseraient des paysages à la Giono. Le Sud d'Antoine Audouard est lui aussi un vieux pays vaincu, peuplé de figures tour à tour tragiques et grotesques. Écrit dans une langue où le parler populaire se mêle à un lyrisme altier, ce roman qui multiplie les dissonances et les ruptures de ton est l'œuvre d'un écrivain accompli.

Là-haut, tout est calme – Gerbrand Bakker

Helmer van Wonderen vit et travaille sur la ferme familiale depuis trente-cinq ans, quand, un jour, sans raison apparente, il décide d'installer son vieux père au premier étage. Ce dernier est grabataire et aura de toute façon besoin de ses soins, mais ce changement lui permet de rompre la monotonie des jours toujours semblables, de s'installer au rez-de-chaussée de la maison et d'en refaire la décoration. Tout en s'occupant de la ferme et du père, il est plein de colère retenue à l'égard de ce dernier. Puis tout s'accélère le jour où il reçoit une lettre signée d'un nom oublié depuis longtemps : Riet était non seulement la fiancée de son frère jumeau Henk, mais aussi à l'origine de son accident mortel, à l'âge de vingt ans. C'est après la disparition de ce frère admiré, alors qu'il était parti étudier à la faculté de lettres d'Amsterdam, que Helmer a dû reprendre le rôle destiné à Henk et renoncer à une vie loin de la ferme. Il a dû accepter une vie consacrée aux vaches, malgré lui, et la tête vide, accomplir les mêmes gestes, jour après jour, machinalement. Riet lui demande de l'aide, car elle a des difficultés avec son fils, appelé Henk, justement. L'arrivée de cet adolescent changera totalement la donne : il noue des liens privilégiés avec le vieil homme mourant, mais il oblige aussi Helmer à se confronter enfin à l'image de l'autre Henk, ce frère jumeau disparu, et à reprendre sa vie en main. Lors d'un accident dramatique, les choses semblent enfin se dénouer… Gerbrand Bakker évoque avec beaucoup de poésie la vie d'un paysan du nord de la Hollande. Les paysages d'eau et de tourbe constituent un écrin très singulier pour une narration qui pourtant touche une question absolument universelle : comment maîtriser ses désirs, comment accéder à une forme de vérité intérieure quand tout dans votre existence vous contraint à renoncer à cet ailleurs tant refoulé ? A 55 ans, est-il trop tard pour changer de vie ? L'écriture de Là-haut, tout est un calme entraîne le lecteur dans une quête du bonheur inoubliable.

Ici et maintenant – Robert Cohen

La vie de Samuel Karnish, la quarantaine, est une sorte de gâchis aussi bien professionnel qu'affectif. Il fait la connaissance d'un jeune couple hassidique de Brooklyn, Aaron Brenner et sa jeune épouse Magda, dans l'avion qui le conduit au troisième mariage de son meilleur ami. Cette rencontre due au hasard va se muer en une véritable attirance et l'entraîner dans une aventure palpitante et complexe dont la finalité est d'en savoir plus sur lui-même. Robert Cohen révèle, avec un brio extraordinaire, une précision et un humour tranchants, les dangereuses profondeurs que cache la vie ordinaire, les désirs subits qui sèment la panique. C'est une comédie sur la vie, un roman exubérant, sur le thème de la croyance et de l'inconstance.

Les Onze – Pierre Michon

Les voilà, encore une fois : Billaud, Carnot, Prieur, Prieur, Couthon, Robespierre, Collot, Barère, Lindet, Saint-Just, Saint-André. Nous connaissons tous le célèbre tableau des Onze où est représenté le Comité de salut public qui, en 1794, instaura le gouvernement révolutionnaire de l'an II et la politique dite de Terreur. Mais qui fut le commanditaire de cette œuvre ? A quelles conditions et à quelles fins fut-elle peinte par François-Elie Corentin, le Tiepolo de la Terreur ? Mêlant histoire et fiction, Michon fait apparaître, avec la puissance d'évocation qu'on lui connaît, les personnages de cette « cène révolutionnaire », selon l'expression de Michelet qui, à son tour, devient l'un des protagonistes du drame.

Trois femmes puissantes – Marie NDiaye

Trois récits, trois femmes qui disent non. Elles s'appellent Norah, Fanta, Khady Demba. Chacune se bat pour préserver sa dignité contre les humiliations que la vie lui inflige avec une obstination méthodique et incompréhensible. L'art de Marie NDiaye apparaît ici dans toute sa singularité et son mystère. La force de son écriture tient à son apparente douceur, aux lentes circonvolutions qui entraînent le lecteur sous le glacis d'une prose impeccable et raffinée, dans les méandres d'une conscience livrée à la pure violence des sentiments.

Le chœur des femmes – Martin Winckler

«Je m'appelle Jean Atwood. Je suis interne des hôpitaux et major de ma promo. Je me destine à la chirurgie gynécologique. Je vise un poste de chef de clinique dans le meilleur service de France. Mais on m'oblige, au préalable, à passer six mois dans une minuscule unité de «Médecine de La Femme», dirigée par un barbu mal dégrossi qui n'est même pas gynécologue, mais généraliste! S'il s'imagine que je vais passer six mois à son service, il se trompe lourdement. Qu'est-ce qu'il croit? Qu'il va m'enseigner mon métier? J'ai reçu une formation hors pair, je sais tout ce que doit savoir un gynécologue chirurgien pour opérer, réparer et reconstruire le corps féminin. Alors, je ne peux pas, et je ne veux pas, perdre mon temps à écouter des bonnes femmes épancher leur cœur et raconter leur vie. Je ne vois vraiment pas ce qu'elles pourraient m'apprendre».

Chasseurs de tête – Jo Nesbo

Le narrateur, Roger Brown, se considère comme le meilleur chasseur de tête de Norvège. Utilisant les questionnaires du FBI, il fait subir aux candidats de véritables interrogatoires et ne laisse aucune place au hasard. Mais Roger a une faiblesse : sa femme Diana qui lui coûte très cher... Voiture de luxe, vêtements de marque, loft de 300 m2, galerie d'art et vernissages au champagne, tout cela a un prix élevé. Pour financer sa vie privée, il dérobe avec l'aide d'un complice des toiles de maître chez ses clients. Mais le jour où il décide de voler un Rubens à Clas Greve, qui semblait pourtant avoir le profil du parfait pigeon, les choses se gâtent. De chasseur, Brown devient la proie et le pigeon se révèle être un terrible prédateur. Nesbo reprend le thème du chasseur chassé et en démonte le mécanisme avec jubilation ; à tel point que Roger Brown, pourtant très antipathique, finit par inspirer la compassion.

  • Point

Sylvia – Leonard Micheals

Au début des années 1960, Leonard Michaels quitte Berkeley pour son New York natal. A Manhattan, dans ces « swinging sixties », il n'est pas rare de croiser Miles Davis, Jack Kerouac et Lenny Bruce. Mais aussi Sylvia Bloch, dont Leonard fait la connaissance par hasard. De cette rencontre fugace naît un amour fou. Il se terminera tragiquement. Vingt ans plus tard, Leonard Michaels décide de faire le récit quasi clinique de cette histoire.

Les chaussures italiennes – Hennig Mankell

A soixante six ans, Fredrik Welin vit reclus avec sa chienne et sa chatte depuis une décennie sur une île balte. Hanté par le souvenir d'une erreur tragique qui brisa sa carrière de chirurgien, il s'inflige chaque matin une immersion au fond d'un trou creusé dans la glace. Mais cette routine est interrompue par l'intrusion d'Harriet, qu'il a aimée et abandonnée trente-sept ans plus tôt. Durant deux hivers et un été, Frederik va renouer avec le monde des émotions humaines.

Gangsters – Klas Östergren

Le récit reprend là où il s'était arrêté à la fin de Gentlemen : dans l'appartement sale où l'écrivain Klas vit reclus depuis que les frères Morgan, amis fascinants mêlés à des affaires louches, ont disparu. A ses côtés, Maud, beauté fatale, ancienne maîtresse de Morgan et de l'énigmatique Sterner. Quand le passé refait surface, vingt-cinq ans plus tard, la fiction n'a plus lieu d'être. Et si les Gentlemen se révélaient Gangsters ? Il est temps pour Klas de dévoiler la vérité, toute la vérité.

  • Pocket Éditions

Angelica – Arthur Phillips

La naissance d'Angelica aurait dû apporter le bonheur aux Barton. L'accouchement marque au contraire le début du cauchemar : Constance doit désormais éviter tout rapport intime. Lorsque, au bout de quatre ans, Joseph décide que leur fille dormira dans sa propre chambre et non plus au pied du lit conjugal, Constance comprend que son mari ne peut plus réfréner ses désirs. S'installe alors dans la maison un climat de tension, exacerbé par l'atmosphère oppressante du Londres victorien, et bientôt Constance perçoit des odeurs et des sons étranges, entrevoit un fantôme... Surnaturel ou égarements ? Qui de Constance, Joseph, Angelica ou de l'exorciste Anne Montague détient la vérité ?

La dame de Jérusalem – Dan Franck/Jean Vautrin

1946. Après l'effroi de la guerre, les horreurs du nazisme et la découverte des camps, l'Europe a enfin retrouvé la paix. C'est du moins ce que Boro aimerait croire. Jusqu'à ce qu'une mystérieuse jeune fille le convoque à Jérusalem le jour de l'explosion de l'hôtel King David : il comprend alors qu'une autre guerre est en train de voir le jour. Emprisonné par les Anglais, miraculeusement libéré, il gagne l'Europe puis l'Amérique où les Nations unies s'apprêtent à voter le partage de la Palestine. Au fil de ses voyages, il retrouve ses ports d'attache les plus fidèles. Et il ne délaisse jamais son Leica. Témoin de son époque, Boro va se laisser entraîner dans le bruit et la fureur d'une lutte fratricide...

Le livre des morts – Glenn Cooper

Mai 2009. Une série de morts inexplicables secoue la ville de New York. Accidentelles ou criminelles, elles n'ont, en soi, rien d'inexplicable : ce que la police ne comprend pas, c'est cette carte postale, reçue par les victimes, la veille de leur décès. Postées à Vegas, toutes indiquent la date exacte de la mort de leur destinataire. Un véritable casse-tête. Le profileur Will Piper, en congé pour raisons personnelles, reprend du service pour l'occasion. Il se dirigera bientôt vers la plus invraisemblable des vérités, quelque part entre l'île de Wight et le désert du Nevada… Entre un mystérieux monastère, au large de l'Angleterre, et la zone 51, la fameuse base secrète américaine… Ce qu'il y découvrira fera chavirer les plus solides certitudes de la pensée occidentale. Tout est-il écrit d'avance ? Le libre-arbitre est-il une illusion ? Quand recevrez-vous, vous aussi, l'irréversible carte postale ?

  • J'ai Lu Éditions

Les derniers jours de Stefan Zweig – Laurent Seksik

Le 22 février 1942, exilé à Pétropolis, Stefan Zweig met fin à ses jours avec sa femme, Lotte. Le geste désespéré du grand humaniste n'a cessé, depuis, de fasciner et d'émouvoir. Mêlant le réel et la fiction, ce roman restitue les six derniers mois d'une vie, de la nostalgie des fastes de Vienne à l'appel des ténèbres. Après la fuite d'Autriche, après l'Angleterre et les États-Unis, le couple croit fouler au Brésil une terre d'avenir. Mais l'épouvante de la guerre emportera les deux êtres dans la tourmente - Lotte, éprise jusqu'au sacrifice ultime, et Zweig, inconsolable témoin, vagabond de l'absolu.

La grand-mère de Jade – Frédérique Deghelt

J'ai beaucoup lu, depuis très longtemps. Je suis une lectrice assidue, une amoureuse des livres. On pourrait le dire ainsi. Les livres furent mes amants et avec eux j'ai trompé ton grand-père qui n'en n'a jamais rien su pendant toute notre vie commune. Jade eut l'impression que Mamoune lui assénait cette révélation comme si elle avait fait le trottoir, transformant la lecture en une activité inavouable.

Neverwhere – Neil Gaiman

Une rue de Londres, un soir comme un autre. La jeune fille gît devant lui sur le trottoir, face contre terre, l'épaule ensanglantée. Richard la prend dans ses bras, elle est d'une légèreté surprenante. Et quand elle le supplie de ne pas l'emmener à l'hôpital, il a le sentiment de ne plus être maître de sa volonté. Dès le lendemain, elle disparaît et, pour Richard, tout dérape : sa fiancée le quitte, on ne le connaît plus au bureau, certains, même, ne la voient plus... Le monde à l'envers, en quelques sortes. Car il semblerait que Londres ait un envers, la " ville d'En Bas ", cité souterraine où vit un peuple d'une autre époque, invisible aux yeux du commun des mortels. Un peuple organisé, hiérarchisé, et à la tête duquel les rats jouent un rôle prépondérant. Plus rien ne le retenant " là-haut ", Richard rejoint les profondeurs. Fable fantastique ou roman de fantasy contemporain, Neverwhere est inclassable, surprenant, original. Plein d'idées, de rebondissements, de clins d'œil référentiels et de personnages iconoclastes.

22 commentaires:

Aifelle a dit…

Ce n'est pas humain de nous mettre toutes ces tentations sous le nez. Je retiens particulièrement le koala tueur qui a fait le bonheur des blogueuses qui l'ont lu (n'est-ce-pas Keisha ?).

Dominique a dit…

Quel boulot !
je retiens "les enfants de Staline" et ne peux que recommander à nouveau "Lark et termite" et bien sûr "les chaussures italiennes"

dasola a dit…

Bonjour Nanne, que de titres attirants. Je ne les connais pas tous. Je retiens l'Arabe d'Antoine Audouard que j'ai loupé à sa sortie. Sylvia de Léonard Michaels est un de mes coups de coeur de 2010 et quand on n'a pas le moral, on lit le Koala tueur (hilarant). Merci pour tous ces conseils. Bonne journée.

belledenuit a dit…

Quant à moi je note "sous les bruyères" et "pour une juste cause". Mais il y en a encore qui m'attirent. Dur dur de faire une sélection.

Brize a dit…

Merci pour ces infos : effectivement, il y a du bon !

Manu a dit…

C'est cruel quand on a une PAL qui déborde, mais je note quand même Sylvia et Les chaussures italiennes ! Merci Nanne !

emmyne a dit…

Oh, oh, j'avais noté Les enfants de Staline et le Koala tueur, ils sont déjà en poche, c'est une bonne nouvelle, merci ( enfin...si !-). Je suis plutôt curieuse du Choeur des femmes, j'avais beaucoup aimé le premier roman de M.Winckler.

Lilibook a dit…

ehhh de quoi encore en rajouter à la pal ! ;D

moustafette a dit…

Que du bon !

Miss Alfie a dit…

Une bonne nouvelle : "La grand mère de Jade" sort en poche !
Une mauvaise nouvelle : Je viens de noter "Beatles" et "Sous les bruyères" comme titres à surveiller !
Merci quand même de ce petit récap !

Lilly a dit…

N'Diaye, Michon, Deghelt, Seksik... ça en fait des titres intéressants ce mois-ci. En revanche, j'ai lu "Angelica" cet été, et j'ai été déçue...

Theoma a dit…

Que de belles sorties ! Dont plusieurs coups de coeur. Lisez Loving Frank !

Valérie:) a dit…

Beaucoup de titres tentants dont le fameux Loving Franck et ainsi que La grand-mère de Jade, merci Nanne pour cette liste qui permet de (re)faire sa LAL prioritaire ;)

Kathel a dit…

Je vais lire bientôt "Là-haut tout est calme"...sinon "Sylvia" de Leonard Michaels me tente bien et je peux recommander "Les chaussures italiennes" et "Les derniers jours de Stefan Zweig" à qui ne les a pas lus ! ;-)

L'or des chambres a dit…

"Les chaussures italiennes" et "la grand mère de Jade" sont sur ma PAL et ils sont déjà en poche que je ne les aies même pas encore lues !!! J'avais repéré "Sylvia" et "l'arabe" et "le livre sans noms" mais je serais sans doute raisonnable et ne craquerais pas pour les trois... (c'est surtout ma PAL indécente qui m'y force...)
Gros bisous Nanne (ravie que ta vie prenne une si belle tournure vue tes mots sur "blog express")

Nanne a dit…

@ Aifelle : Je sais, je suis dure, infâme et cruelle, mais il n'y a aucune raison pour que vous ne partagiez pas mes tentations littéraires mensuelles ;-D Cela dit, les sorties de ce mois-ci sont réellement excellentes dans l'ensemble !

@ Dominique : Comme me dit souvent ma chère mère : "Il n'y a pas comme un fainéant qui se met au travail !" ... Mais le plus dur est de faire des choix objectifs et qui peuvent intéresser d'autres lectrices/lecteurs. J'ai prévu la lecture des "Enfants de Staline", ainsi que "Pour une juste cause" de Vassili Grossman ... A minima, bien sûr ;-D

@ Dasola : Je te comprends bien pour "Arabe" d'Antoine Audouard qui est un auteur peu présent sur les blogs, mais d'une grande qualité littéraire. Je possède "Un pont d'oiseau" de cet auteur dans ma PAL ! Sinon, je suis tentée par la lecture du "Koalo tueur", pour son humour ravageur ...

@ Belle de Nuit : La tentation est un péché capital, donc attention ! Beaucoup de lectures tentantes, mais comme tu as aimé la Trilogie Berlinoise de Philip Kerr, je te conseillerais de continuer avec "La mort, entre autres", qui est la suite ...

@ Brize : Je confirme qu'il y a beaucoup de bons livres à lire et d'auteurs à découvrir ! C'est tout le drame des sorties poche : le choix ...

Nanne a dit…

@ Manu : J'aime bien vous faire partager toutes mes tentations, de temps en temps ;-D C'est cruel, mais cela fait du bien ... Surtout avec de telles sorties !

@ Emmyne : Personnellement, "Les enfants de Staline" je l'attendais avec impatience, même si je craignais qu'il ne sorte pas en poche ! Il y a aussi le roman de Pierre Michon, "Les Onze" ... Plus quelques autres ;-D

@ Lilibook : Ces sorties mensuelles devraient être interdites tant que les PAL n'ont pas fait une cure de minceur ;-D Mais c'est tellement bon de céder à la tentation ...

@ Moustafette : Je te confirme bien qu'il n'y a que du bon à se mettre sous les mirettes ;-D

@ Miss Alfie : Bonne nouvelle d'un côté, et moins bonne de l'autre, de quoi faire un juste équilibre pour une PAL qui doit déborder, comme dans toute la blogosphère littéraire ;-D Mais de belles lectures en perspective ...

Nanne a dit…

@ Lilly : Ce mois-ci est celui du retour de belles sorties avec des coups de cœur incontournables ! Je ne saurais conseiller de lire le roman biographique de Laurent Seksik sur Stefan Zweig ... Je ne parle même pas des autres ;-D Je voudrais lire "Angelica". Il faudra que je regarde à la bibliothèque si je le trouve !

@ Theoma : Une belle sortie mensuelle, riche et avec de nombreux coup de cœur de la blogosphère ! J'en ai retenu quelques uns dont j'attendais la sortie en poche depuis quelque temps ... Le tout sera de prendre le temps de les lire en plus des autres ;-D

@ Valérie:) : "La grand-mère de Jade" a enchanté beaucoup de lectrices sur la blogosphère ... Sa sortie en poche va permettre de relancer son succès une seconde fois ;-D

@ Kathel : "Là-haut tout est calme" semble être un roman très beau et très fort en émotions ! Et je suis comme toi pour ce qui concerne le roman de Laurent Seksik sur la fin de Stefan Zweig ... Une très belle rencontre littéraire dont je garde un souvenir profond.

@ L'or des chambres : Si tu savais le nombre de livres que je possède dans ma PAL en broché, sortis en poche et toujours pas lus, tu relativiserais ;-D Cela me culpabilise un peu de ne pas avoir pu plonger dans ces romans, mais j'assume ! C'est l'essentiel ... Merci pour ton gentil petit mot.

La plume et la page a dit…

Un sacré programme! Deux titres parmi ceux-là qui sont dans ma PAL... Je ne lirai sûrement pas autant que toi en février.

Nanne a dit…

@ La Plume et la page : Février est un sacré cru, côté sortie en poche ! Je n'ai pas l'intention de tous les lire, surtout que j'en ai quelques-uns en format broché, mais beaucoup me tentent ... On verra sur la longueur ;-D

Bénédicte a dit…

une liste impressionnante pour le seul mois de février. J'ai lu "trois femmes puissantes" et "les derniers jours de Zweig", deux livres qui m'ont laissé de bons souvenirs. Je serai ravie de lire tes billets

Nanne a dit…

@ Bénédicte : Je ne sais pas si je lirai "Trois femmes puissantes" de Marie NDiaye, mais j'ai déjà lu et chroniqué "Les derniers jours de Stefan Zweig" de Laurent Seksik, parce que j'éprouve une réelle passion pour Zweig ! Quant aux autres ouvrages sortis en poche en février, il y en a quelques-uns que je possède en brochet et d'autres que je compte bien lire prochainement ...